Je vous remercie pour votre visite



dimanche 14 janvier 2018

Et que mes rêves ne soient finis !
























Je te vois t'accrocher aux rêves
Triste et dur sera ton réveil 
car poursuivant de faux soleils
en eux se desséchera ta sève   

En toi tu sais vivre par coeur 
à force d'imagination
Tristes et dures seront les heures 
te ramenant à la raison 










Tu vas, t'inventant des images 
inversant les réalités
Triste et dur sera le voyage
qui vient parfois te réveiller 


Eh bien, qu'il me soit triste et dur
Encor j'en veux payer le prix
Et que mes rêves ne soient finis !
Par delà mes réveils, qu'ils durent !

Esther Granek " rêves "




vendredi 12 janvier 2018

River Of No Return ....


L'intelligence est la force solitaire d'extraire du chaos de sa propre vie 
la poignée de lumière suffisante pour éclairer un peu plus loin que soi 
vers l'autre là-bas
Comme nous égaré dans le noir 
Christian Bobin "l'inespérée"














Ce que l'on apprend dans les livres c'est la grammaire du silence 
la leçon de lumière.
Il faut du temps pour apprendre.
Il faut tellement du temps pour s'atteindre 
Christian Bobin "la part manquante" 



























Être vivant, c'est être vu , entrer dans la lumière d'un regard aimant
Christian Bobin "l'inespérée"




jeudi 11 janvier 2018

La destruction !





Sans cesse à mes côtés s’agite le Démon
Il nage autour de moi comme un air impalpable
Je l’avale et le sens qui brûle mon poumon
Et l’emplit d’un désir éternel et coupable.

Parfois il prend, sachant mon grand amour de l’Art
La forme de la plus séduisante des femmes
Et, sous de spécieux prétextes de cafard
Accoutume ma lèvre à des philtres infâmes.

Il me conduit ainsi, loin du regard de Dieu
Haletant et brisé de fatigue, au milieu
Des plaines de l’Ennui, profondes et désertes

Et jette dans mes yeux pleins de confusion
Des vêtements souillés, des blessures ouvertes
Et l’appareil sanglant de la Destruction !

Charles Baudelaire " La Destruction "  Les Fleurs du mal, 1857


samedi 6 janvier 2018

Vivre de ses sens ...




En apparence la vie n'a aucun sens 
et pourtant, il est impossible qu'il n'y en ait pas un !


Il y a des moments où l'on se sent libéré de ses propres limites et imperfections humaines.


Dans de tels instant on se voit là, dans un tout petit coin d'une petite planète, le regard fixé en émerveillement sur la beauté froide et pourtant profonde et émouvante de ce qui est éternel, de ce qui est insaisissable.


La vie et la mort se fondent ensemble et il n'y a pas d'évolution ni de destination
il n'y a que ÊTRE.
Albert Einstein 








dimanche 17 décembre 2017

Reste. N'allume pas la lampe ...




Reste. N'allume pas la lampe. Que nos yeux
S'emplissent pour longtemps de ténèbres, et laisse
Tes bruns cheveux verser la pesante mollesse
De leurs ondes sur nos baisers silencieux.

Nous sommes las autant l'un que l'autre. Les cieux
Pleins de soleil nous ont trompés. Le jour nous blesse.
Voluptueusement berçons notre faiblesse
Dans l'océan du soir morne et délicieux.


Lente extase, houleux sommeil exempt de songe
Le flux funèbre roule et déroule et prolonge
Tes cheveux où mon front se pâme enseveli...

Ô calme soir, qui hais la vie et lui résistes
Quel long fleuve de paix léthargique et d'oubli
Coule dans les cheveux profonds des brunes tristes.


Catulle MENDÈS  " Recueil : Soirs moroses Reste. N'allume pas la lampe... "




jeudi 14 décembre 2017

Quand ce soir tu t'endormiras ...




Quand ce soir tu t'endormiras
Loin de moi, pour ta triste nuit 
En songe pose sur mon bras 
Ton beau col alourdi d'ennui.


Jette vers moi ce qui t'encombre
Défais-toi des mornes pensées
Je les ramasserai dans l'ombre






Comme une glaneuse insensée
Ivre d'amour, et qui dénombre
Des roses, des lys, des pensées...
Anna de Noailles " recueil de l'amour " 


lundi 11 décembre 2017

ai vida ...


Le bonheur est parti - on le demande ailleurs -
mais la terre est trop petite pour un trop grand malheur - 
le bonheur en partant -  a dit qu'il reviendrait.
Jacques Prévert 




Les mots sont nourriture
Ils passent dans le silence
qui est un coeur fragile 
que nous avons 
tant que nous sommes en vie.
Un coeur discret courtois 
Un vrai coeur comme l'autre
Nos paroles y descendent 
Pour y être lavées 
Parfois il s'affole 
On se demande vraiment pourquoi 
Parfois il cesse de battre
et c'est ce que nous avons mangé 
trop de mensonges bien trop de mots 

Christian Bobin " La vie passante " 






mardi 5 décembre 2017

Décembre a tous les frissons ...





- Ouvrez, les gens ouvrez la porte
je frappe au seuil et à l'auvent
ouvrez, les gens je suis le vent 
qui s'habille de feuilles mortes

- Entrez, monsieur entrez le vent
voici pour vous la cheminée
et sa niche badigeonnée
entrez chez nous, monsieur le vent

- Ouvrez, les gens je suis la pluie 

je suis la veuve en robe grise  
dont la trame s'indéfinise
dans un brouillard couleur de suie


- Entrez, la veuve entrez chez nous
entrez la froide et la livide
les lézardes du mur humide
s'ouvrent pour vous loger chez nous


- Levez les gens la barre en fer 
ouvrez les gens, je suis la neige 
mon manteau blanc se désagrège
sur les routes du vieil hiver


- Entrez, la neige entrez la dame
avec vos pétales de lys
et semez-les  pour le taudis
jusqu'à dans l'âtre où vit la flamme





- Car nous sommes les gens inquiétants
qui habitent le Nord des régions désertes
qui vous aimons - dites depuis quels temps ? -
pour les peines que nous avons par vous souffertes.



Emile Verhaeren "les hôtes"

samedi 25 novembre 2017

J'ai dit à mon coeur ...



J'ai dit à mon coeur , à mon faible coeur :
N'est ce point assez d'aimer sa maîtresse ?
Et ne vois -tu que changer sans cesse 
C'est perdre en désirs le temps du bonheur ?

Il m'a répondu : Ce n'est point assez 
Ce n'est point assez d'aimer sa maîtresse 
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse 
Nous rend doux et chers les plaisirs passés ?






















J'ai dit à mon coeur , à mon faible coeur :
N'est-ce point assez de tant de tristesse ?
Et ne vois tu pas que changer sans cesse 
C'est à chaque pas trouver la douleur ?


Il m'a répondu : Ce n'est point assez 
Ce n'est point assez de tant de tristesse 
Et ne vois tu pas que changer sans cesse 
Nous rend doux et chers les chagrins passés ?

Alfred de Musset " j'ai dit à mon coeur "




mercredi 22 novembre 2017

L'âme fait partie intégrante du corps !



Nous sommes des oiseaux de passage, demain nous serons loin 
Proverbe Tzigane

Mon beau tzigane mon amant
Écoute les cloches qui sonnent
Nous nous aimions éperdument
Croyant n'être vus de personne

Mais nous étions bien mal cachés
Toutes les cloches à la ronde
Nous ont vus du haut des clochers
Et le disent à tout le monde

Demain Cyprien et Henri
Marie Ursule et Catherine
La boulangère et son mari
Et puis Gertrude ma cousine

Souriront quand je passerai
Je ne saurai plus où me mettre
Tu seras loin Je pleurerai
J'en mourrai peut-être

Guillaume Apollinaire " Les cloches "





N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures.
Proverbe Tzigane














dimanche 19 novembre 2017

Carinhoso ...




Il n'est pas bon d'être tellement aimé, si jeune, si tôt. 
Ça vous donne de mauvaises habitudes. 
On croit que c'est arrivé. 
On croit que ça existe ailleurs, que ça peut se retrouver. 
On compte là-dessus. 
On regarde, on espère, on attend. 
Avec l'amour maternel, la vie vous fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais. 
On est obligé ensuite de manger froid jusqu'à la fin de ses jours. 


























Après cela, chaque fois qu’une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur son cœur, ce ne sont plus que des condoléances. 
On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère comme un chien abandonné. 
Jamais plus, jamais plus, jamais plus. Des bras adorables se referment autour de votre cou et des lèvres très douces vous parlent d'amour, mais vous êtes au courant. 
Vous êtes passé à la source très tôt et vous avez tout bu. 
Lorsque la soif vous reprend, vous avez beau vous jeter de tous côtés, il n'y a plus de puits, il n'y a que des mirages. 
Vous avez fait, dès la première lueur de l'aube, une étude très serrée de l'amour et vous avez sur vous de la documentation. 
Partout où vous allez, vous portez en vous le poison des comparaisons et vous passez votre temps à attendre ce que vous avez déjà reçu.


La Promesse de l'aube de Romain Gary