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dimanche 12 novembre 2017

de la magie et des rêves ...


      Le ciel remplit d’étoiles est l’endroit où vit la magie et les rêves les plus fous.
      Catherine Janssens 


    J'ai fait des étoiles mes lumières, des vents ma musique et des océans mes sources d'inspiration. 
      C'est ainsi que je suis devenu poète ...
      Yasmina Khadra






mercredi 8 novembre 2017

Je serais peut-être plus seule ...





Je serais peut-être plus seule
Sans la Solitude –
Tant je me suis faite à mon Sort –
L’Autre – la Quiétude –

Pourrait rompre la Ténèbre –
Encombrer la petite Chambre –
Trop étriquée – de loin – pour contenir
Le Sacrement – de Sa Personne –

L’Espoir m’est étranger –
Il pourrait déranger –
Son doux cortège – profaner le lieu –
A la Souffrance consacré –

Il est peut-être plus facile
De faillir – la Terre en Vue –
Que de gagner – ma Bleue Péninsule –
Pour y périr – de Volupté –

Emily Dickinson – Je serais peut-être plus seule

vendredi 3 novembre 2017

The Sound of Silence ...




Je suis
Tu es
En vie
Nous vivons
Dieu merci !

Nous aimons
Et Nous réfléchissons
Proche à l’arbre
de nos familles.
L’écorce est remplie
de mots et de lettres.


Aujourd’hui
L’eau salée-amère
éclabousse la feuille de colère
avant que l’encre sèche

Et sans alarme de l’arme
les crayons
sont brisés en lambeaux


Ne donner pas d’hystérie
A l’assassin,
Il ne comprend pas le refrain.

Il ne reste que
larmes silencieuses
Droit d’écrire, droit de lire
Dieu Merci !
Qui aura le dernier rire ?







samedi 21 octobre 2017

Ce que j'aime ...




Ce que j'aime à voir, ce que j'aime au monde
Ce que j'aime à voir
Veux-tu le savoir ?
Ce sont tes beaux yeux, c'est ta taille ronde
Ce sont tes beaux yeux
Tes yeux langoureux.


Ce que j'aime encore je vais te l'apprendre
Ce que j'aime encore
Plus qu'aucun trésor
Ce sont tes doux chants, c'est ta voix si tendre
Ce sont tes doux chants
Plaintifs et touchants.


Ce qui cause en moi la plus douce ivresse
Ce qui cause en moi
Le plus tendre émoi
C'est de voir ton cœur vibrer de tendresse
C'est de voir ton cœur
Trembler de bonheur.


Enfin, si tu veux répondre à ma flamme
Enfin si tu veux
Combler tous mes vœux
Jusqu'au dernier jour garde-moi ton âme
Jusqu'au dernier jour
Aime-moi d'amour.

François-Marie Robert-Dutertre " aime-moi d'amour "


dimanche 15 octobre 2017

J'avouerai que j'aime le mot ...






Madame, quel est votre mot
Et sur le mot et sur la chose ?
On vous a dit souvent le mot
On vous a fait souvent la chose.

Ainsi, de la chose et du mot
Vous pouvez dire quelque chose.
Et je gagerais que le mot
Vous plaît beaucoup moins que la chose.

Pour moi, voici quel est mon mot
Et sur le mot, et sur la chose :
J'avouerai que j'aime le mot
J'avouerai que j'aime la chose.


Mais, c'est la chose avec le mot
Mais, c'est le mot avec la chose
Autrement, la chose et le mot
A mes yeux, seraient peu de chose.

Je crois même, en faveur du mot
Pouvoir ajouter quelque chose
Une chose qui donne au mot
Tout l'avantage sur la chose :

C'est qu'on peut dire encore le mot
Alors qu'on ne fait plus la chose.
Et pour peu que vaille le mot
Mon Dieu, c'est toujours quelque chose !


De là, je conclus que le mot
Doit être mis avant la chose.
Qu'il ne faut ajouter au mot
Qu'autant que l'on peut quelque chose.

Et pour quelque jour où le mot
Viendra seul, hélas, sans la chose
Il faut se réserver le mot
Pour se consoler de la chose.

Pour vous, je crois qu'avec le mot
Vous voyez toujours autre chose.
Vous dites si gaiement le mot
Vous méritez si bien la chose


Que pour vous, la chose et le mot
Doivent être la même chose.
Et vous n'avez pas dit le mot
Qu'on est déjà prêt à la chose

Mais quand je dis que le mot
Doit être mis avant la chose
Vous devez me croire à ce mot
Bien peu connaisseur en la chose.

Eh bien, voici mon dernier mot
Et sur le mot et sur la chose :
Madame, passez-moi le mot
Et je vous passerai. la chose.

Abbée de L'Attaignant  " le Mot et la Chose "




lundi 9 octobre 2017

de l'amour ...







L'amour 
Éperon du souffle
Recouvre nos fêlures
Pacifie nos gisements
Tisonne nos cendres
Soulève la voûte obscure.
Andrée Chedid  "preuves de l'amour"

dimanche 24 septembre 2017

No te quiero sino porque te quiero ...


Je t’aime parce que je t’aime et voilà tout
et de t’aimer j’en arrive à ne pas t’aimer
et de t’attendre alors que je ne t’attends plus
mon cœur peut en passer du froid à la brûlure.


Je ne t’aime que parce que c’est toi que j’aime
et je te hais sans fin, te hais et te supplie
et la mesure de mon amour voyageur
est de ne pas te voir, de t’aimer en aveugle.
Et si, lumière de janvier, tu consumais
ton rayon cruel, et mon cœur tout entier
me dérobant la clef de la tranquillité?






















En cette histoire je m’arrive qu’à mourir
et si je meurs d’amour, c’est parce que je t’aime
parce qu’amour, je t’aime, et à feu et à sang.


Pablo Neruda "la Centaine d'amour "




vendredi 22 septembre 2017

Le feu follet ...



Ce feu fantasque, insaisissable
Qui, dans l’ombre voltige et luit
Et qui, même pendant la nuit
Ni sur la mer, ni sur le sable
Ne laisse de traces après lui.

Ce feu toujours prêt à s’éteindre
Tour à tour blanc, vert ou violet
Pour reconnaître ce qu’il est
Il faudrait le pouvoir atteindre !
Atteignez donc un feu follet !

On dit que c’est chose certaine
Un peu d’hydrogène du sol
J’aime mieux croire qu’en son vol
Il vient d’une étoile lointaine
De
Wega, de la
Lyre ou d’Algol.


Mais n’est-ce pas plutôt l’haleine
D’un sylphe, d’un djinn, d’un lutin
Qui brille la nuit et s’éteint
Lorsque se réveille la plaine
Aux rayons joyeux du matin

Ou la lueur de la lanterne
Du long spectre qui va s’asseoir
Sur la chaume du vieux pressoir
Quand la lune blafarde et terne
Se lève à l’horizon du soir ?


Peut-être l’âme lumineuse
D’une folle qui va cherchant
La paix loin du monde méchant
Et passe comme une glaneuse
Qui n’a rien trouvé dans son champ !
Serait-ce un effet de mirage
Sur l’horizon déjà moins clair
Produit par un trouble de l’air

Ou, vers la fin de quelque orage
Le reste d’un dernier éclair ?



Est-ce la lueur d’un bolide
Véritable jouet icarien » ?
Qui dans son cours aérien
Etait lumineux et solide
Et dont il ne reste plus rien

Ou sur les champs dont il éclaire
D’un pâle reflet le sillon
Quelque mystérieux rayon
Tombé d’une aurore polaire
Triste et nocturne papillon ?



Serait-ce en ces heures funèbres
Où les vivants dorment, lassés
Le pavillon aux plis froissés
Qu’ici-bas l’ange des ténèbres
Arbore au nom des trépassés ?

Ou bien, pendant les nuits trop sombres
Lorsque le moment est venu
Est-ce le signal convenu
Que la terre, du sein des ombres
Envoie au ciel vers l’inconnu



Et qui, comme un feu de marée
Aux
Esprits errant à travers
Les vagues espaces ouverts
Indique la céleste entrée
Des ports de l’immense
Univers ?

Mais si c’est l’ardente étincelle
Qui sur son front porte l’Amour
Quand il parcourt le monde pour
Essayer de rencontrer
Celle
Qui doit le fixer sans retour




Prends garde à ton cœur, jeune fille
Et si tu l’aperçois là-bas
Laisse-le seul à ses ébats !

Oui ! prends garde ! ce feu qui brille
S’éteint vite et ne brûle pas !

Qui que tu sois, éclair, souffle, âme
Pour bien
I pénétrer tes secrets
O feu fantasque, je voudrais
Un jour m’absorber dans ta flamme
Alors, partout je te suivrais



Lorsque sur la cime des arbres
Tu viens te poser, souffle ailé
Ou, discrètement appelé
Lorsque tu caresses les marbres
Du cimetière désolé

Quand dans nos vieilles cathédrales
Tu viens parfois te frapper aux
Saints coloriés de leurs vitraux
Ou que des cryptes sépulcrales
Tu glisses hors des soupiraux



Lorsque vers minuit tu t’accroches
Aux ruines du vieux manoir
Qui domine les hautes roches
Et sur le ciel paraît tout noir

Ou quand tu rôdes sur les lisses
Du navire battu de flanc
Sous les coups de typhon hurlant

Et que dans les agrès tu glisses
Ainsi qu’un lumineux goéland !


Et l’union serait complète
Si le destin, un jour, voulait
Que je pusse, comme il me plaît
Naître avec toi, flamme follette
Mourir avec toi, feu follet !


Jules Verne " le feu follet "